BLACKWORK

Je me lance pour une collection dans le Blackwork: une broderie au fil noir (à ne pas confondre avec l'illegal work!)

 

D'autres couleurs peuvent cependant être utilisées. A l'origine le rouge est également très populaire, on parle alors de Scarletwork.

 

Traditionnellement le travail noir est réalisé avec du fil de soie sur du lin ou du coton blanc ou blanc cassé. Parfois, on inclura des fils métalliques ou des fils colorés pour accentuer certains éléments.

Il s'est aujourd'hui adapté aux toiles traditionnelles du point de croix compté. C'est sur ces toiles que je vais travailler.

Celles et ceux  qui me connaissent un peu, savent que durant mes déplacements, la première chose chargée dans le véhicule, dans mon sac est une pochette, une trousse, un panier rempli de pelotes, d’aiguilles, de fils…

 Le problème il faut gérer les fils, les ciseaux, le crochet…

Avec cette technique : les  nuances, les formes créées ne changent pas en permanence.  Un écheveau coupé en longueurs identiques , une trame, une aiguille,  et le tour est joué !

 

 

 Je n’en suis pas encore arrivée là, les volumes de tissus étant trop importants !!

Technique

Les points traditionnellement utilisés sont:

le point de Holbein

Bien que similaire au point arrière, le point Holbein crée une ligne plus lisse et un motif identique des deux côtés du tissu. Il peut être travaillé en lignes droites, diagonales. Il est adapté à la création de contours ou de motifs aux remplissages complexes.

Le point porte le nom de Hans Holbein (1497-1543), un portraitiste du 16ème siècle connu pour ses portraits d'Henri 8 et de sa famille qui portent quasiment tous de vêtements ornés de broderies noires.

 

Il porte aussi le nom de double point de course, point de ligne, point espagnol, point Chiara et point de ligne à deux faces.

C'est ce point que j'utilisera dans ces créations.

On peut également réaliser ce travail:

au point arrière: en broderie, ces points forment des lignes et servent le plus souvent à tracer des formes et à ajouter des détails fins à une image brodée. C'est ce point qu'on utilse en couture à la main pour assembler deux pièces de tissu.

au point de tige.

3 styles de Blackwork

 

 

 

1) A l'origine les points sont travaillés pour former de petits motifs géométriques ou floraux.

 

C'est celui qu'on réalise encore de nos jours

 

 

 

 

Détail de manche 1537 Issu du portrait de Jane Seymour par Holbein

2) Le travail va ensuite évoluer pour des motifs plus grands de fleurs, de fruits... On ne compte plus alors les points, les motifs sont délimités généralement par un point de tige puis remplis de motifs comptés géométriques.

 

 

Portrait de Mary Conrwallis par Georges Gower 1580

Manches au Blackwork avec de grandes fleurs à piqûres libres remplies de motifs géométriques. Les manches sont recouvertes d'un voile fin. Une partie de la jupe est également brodée de ce point

 

 

 

 

3) Les motifs vont être "ombrés": le travail ressemble alors aux eaux-fortes (gravure sur plaque métallique à l'aide d'un mordant chimique), des gravures sur bois.

Histoire

Le Blackwork devient populaire en Angleterre sous le règne d'Henri 8. On en brode les chemises, jusqu'à la fin du 18ème siècle, les chemises se portent en guise de sous-vêtement.

Le Blackwork est aussi appelé "travail espagnol", on dit que c'est Catherine D'Aragon qui aurait amené dans son trousseau de nombreux vêtement brodés au noir.

Catherine épouse en première noce Arthur, le frère d'Henri 8, en 1501. Il meurt 6 mois plus tard.

C'est en 1509 qu'elle épousera Henri 8.

 

Portrait anonyme de Catherine d'Aragon.

Les manches de sa robe sont brodées au Blackwork

En 1500, Geoffrey Chaucer, l'un des plus grands poètes anglais, décrit, dans ses contes de Canterbury (son écrit le plus populaire), les vêtements d'Alison, la femme du meunier ainsi: "De blanc aussi était la délicate blouse qu'elle portait, brodée au col tout en charbon pareil dedans et dehors"

Sous le règne d'Elisabeth ère (1558- 1603) le travail de la soie noir sur le lin était la technique de broderie domestique la plus courante pour les vêtements et articles ménagers tels les housses de coussins.

Cette broderie perd de sa popularité au 17ème siècle.

 

 

 

Housse de coussin fin 16ème. Lin brodé de fil de soie et fil métallique mêlant points comptés, points libres.

Collection de textiles de l'Art Institute of Chicago

Il est rare que les broderies noires historiques anglaises soient bien conservées, en effet le colorant à base de fer utilisé était corrosif pour le fil. On en connait pas aujourd'hui de technique pour arrêter ses effets.

La broderie au noir réalisé en Espagne contient elle moins de fer, ces ouvrages tendent donc à survivre dans de meilleurs conditions.